• Début du roman du magicien de la Loire

    Cela commence dans un théâtre située dans le département de la Loire

    L'artiste sortit de son rang de fauteuil et il se trouvait à peine dans l'allée centrale, qu'un individu qui était le sous-chef de claque se plaça devant lui et d'une voix aussi traînante qu'évidemment agressive lui dit: « Oh ! il siffle et il ose ! »

    Sans réfléchir à la perfide provocation cachée sous ces paroles, le magicien  dans ce théâtre de la Loire répondit: « Je n'ose pas, allons donc. » Et il reprit le malencontreux sifflet pour s'en servir encore, tout en continuant à se diriger vers la sortie de ce théâtre ou il était venu assister à un spectacle de magie placé sous le signe de la maladresse.
    L'individu qui l'avait ainsi apostrophé porta la main sur lui, arracha le sifflet qu'il jeta à terre et qu’il ramassa immédiatement.


    Ceci était la mise à exécution d'un petit complot tramé à la claque ainsi qu'il a été exposé aux débats par un témoin à décharge qui avait entendu élaborer ce plan ingénieux. S‘il n'avait pas bêtement répondu à cette provocation, les choses en seraient très probablement restées là et ce Patrick, ce magicien de la Loire ( lien) serait rentré chez lui. C'était justement sur la réponse que l'on comptait car à ce moment précis, un autre individu, évidemment de la même bande cria près de lui, en le désignant : « Tenez, le voilà ! c'est celui-là ! »

    Un grand monsieur qui aime les magiciens


    Alors un grand monsieur maigre, porteur d’un costume à prétentions gommeuses et qui adore les magiciens dans la Loire s'empara de lui en disant d'une voix sévère et assez juste : « C'est vous qui sifflez ? Suivez- moi ! »

    Et il le suivit, non pas absolument dans l'intention de lui obéir mais parce qu’il ne pouvait faire autrement attendu qu’il fus pour ainsi dire transporté par lui et son premier agresseur jusque dans un local écarté servant de poste à la police du théâtre. Il était bel et bien arrêté et sorti de ce théâtre de la Loire (lien). Une fois là et en compagnie de trois ou quatre agents de service et du personnage de la claque qui l'avait aidé à entrer, le monsieur bien mis, mais mal poli se mit à m'interroger en prenant des airs de Jupiter tonnant qui eussent parus fort comiques en toute autre circonstance.


    On ne pense pas qu'il en aurait plus brutalement apostrophé si au lieu d'un inoffensif coup de sifflet, il avait fait usage de ses talents pour collectionner clandestinement les montres et porte-monnaie de quelques spectateurs.